03/01/2009


Du Nord au Sud du continent Américain en hydravion

Extrait du livre, présentant les préparatifs et l'intérêt d'une navigation en hydravion !

Un hydravion, à coque ? C´est livré avec une rame, une ancre, des cordes, une coque et des flotteurs pourvus de boulons de drainage. On se débarrasse de l´eau éventuellement embarquée avec une pompe de cale. 

Le moteur est surélevé pour ne pas être mouillé par les projections d´eau. 

Une fois dans l´eau, on abaisse le safran. S´il y a du vent, on peut se servir de la portière relevée comme d´une voile. Attention, plus de freins au bout des pieds, mais les pédales des palonniers qui, couplés au safran, permettent de virer de bord, de préférence face au vent. 

Il est judicieux de monter sur le nez recouvert d´une plaque antidérapante pour la manoeuvre au port. La rame permet notamment d´éviter les chocs sur le nez. Celui-ci est d´ailleurs revêtu d´une protection en caoutchouc, cependant moins efficace qu´un pare-battage. 

Mauvais bateau ? 

Assurément si le pilote est mauvais marin. Attention à couper le moteur avant d´arriver au ponton : pas de position marche arrière.
Attention à l´envergure. Ces grandes ailes qui ne sont pas pliables sont plutôt encombrantes. 

On débarque, on ferme l´habitacle à clé. Cette dernière est pourvue d´un porte-clé qui flotte. On ne sait jamais. 

Si on préfère beacher, pas de problème. Le tirant d´eau n´est que de cinquante centimètres. Attention à la marée tout de même. 

On peut aussi le laisser à un corps mort, jeter l´ancre, attendre une bonne âme ou partir à la nage : pas d´annexe livrée avec, et pour cause, c´est un peu lui l´annexe volante d´un voilier imaginaire. D´ailleurs, un hydravion à coque à la remorque derrière un voilier, ça s´est vu. 

On peut encore sortir les roues dans l´eau et partir à l´assaut de la rampe ou de la plage. A un véhicule amphibie tout est permis ! 

Le danger la nuit venue ? Le coup de vent imprévu. Ici les avis divergents. Les uns penchent pour la solution consistant à beacher en tentant de hisser tant bien que mal la coque hors de l´eau, les autres sont des fanatiques du mouillage, les derniers vous conseilleront de sortir les roues et de remonter sur la plage si le sol n´est pas trop meuble, mais tous s´accorderont évidemment pour vous dire que, dans ce cas, rien ne vaut un bon vieux terrain d´aviation, peinard, sur ses roues, les ailes bien arrimées, ou mieux encore, une petite place de hangar. Mais j´y reviendrai. 

L´ennemi ? La corrosion 

Il convient de chouchouter la coque, de la rincer, extérieur et intérieur, après chaque usage marin. De prendre son pistolet à graisse et de renouveler aussi la graisse de toutes les parties mobiles, roues, train d´atterrissage. Deux bonnes heures de boulot en somme, de quoi occuper sa soirée. Oui, j´oubliais, le jet ne suffit pas : il faut prendre un bon balai-brosse et y aller à l´huile de coude. Le moteur et l´hélice sont particulièrement sensibles. Ainsi que, de manière générale, tous les couplages aluminium-métal ferreux, effet anode-cathode garanti. En un mot, s´armer de courage et de patience, être méticuleux, et alors l´usage marin n´est pas un vrai problème. Sinon, penser à changer d´hydravion tous les trois-quatre ans, à la manière de ces milliardaires qui changent de Ferrari quand le lave-glace est vide. 

Si on ne joue pas dans cette catégorie-là, et qu´on veut être sûr de retrouver au petit matin le bateau volant qu´on a laissé le soir au mouillage, penser à vérifier régulièrement l´étanchéité de la coque, le serrage des boulons de drainage notamment. Rien de plus désagréable que se lever le matin et de ne pas retrouver son bateau au mouillage. 

Ce qui reste difficile ? Passer la nuit dans l´avion. Il y a bien de la place pour deux mais pas pour cinq. A deux, effectivement, on peut essayer de transférer sur les deux sièges avant les bagages placés à l´arrière et en soute, s´étendre derrière les sièges avant, les jambes confortablement allongées dans la grande longueur de cette soute qui court tout le long du fuselage. Un peu sommaire mais possible. 

Certains préféreront ça au camping, pour le plaisir de s´endormir bercés par la vague. 

Là encore, à quatre ou cinq à bord, pas question de charger des provisions ou de l´eau douce en quantité : la charge utile, passagers, bagages et essence, tout compris, n´est que de 450 kg. C´est peu, surtout qu´à trente kilos d´essence consommés à l´heure pour une vitesse de croisière de cent noeuds avec une autonomie maximale de cinq heures vingt, soit cinq cents nautiques de rayon d´action avec une petite réserve, mais plutôt quatre cents dans la réalité pour rester serein, on comprendra que, plus encore qu´en bateau, chaque kg compte, car, à la différence d´un voilier, sans essence, on n´avance plus guère. Je vous rassure, c´est arrivé : un hydravion a réussi, sans moteur, à jouer les voiliers et à franchir les kilomètres qui le séparaient de la côte la plus proche, ça se passait dans le Pacifique de surcroît, à des milles et des milles de toute terre. Mais revenons à nos moutons. 

En temps normal, on préférera prévoir des escales pour l´essence, et d´autres pour la nuit. Rencontrer ainsi d´autres humains. Dormir sur un sol et entre des murs stables. Pas si désagréable... 

Et les ailes ? A quoi elles servent ? 

A la même chose que celles de l´hydroptère qui s´appuient sur l´eau quand la vitesse augmente. Ici, elles s´appuient sur l´air et soulèvent le bateau, réduisant sa traînée hydrodynamique. Bientôt, l´hydravion passe par une phase d´aquaplanning, il évolue entre trente et quarante cinq noeuds, mi-bateau, mi-avion. Très maniable à ce moment-là, capable de virer dans un mouchoir de poche, de s´engager dans de petites criques ou l´embouchure de fleuves de faible largeur. 

Un poil de moteur en plus, et hop, le voilà qui quitte l´eau et prend de l´altitude : il vole comme un gros cygne, il se libère de la pesanteur, vaque à ses occupations, poursuit son voyage. 

Est-ce que ça vaut le coup ? 

Surtout quand il fait mauvais, qu´il y a un grain à l´horizon.
L´hydravion reste tout seul dans son hangar et nous, on regarde la pluie tomber et le vent souffler derrière les carreaux. C´est là qu´on se dit : « j´aimerais pas être sur un bateau ». 

Xavier 

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3 commentaires

08/01/2009 09:16 - seaplane a dit :

pour en savoir plus

sur les lieux où on peut pratiquer, à bientôt sur le site ' www.hydravion.org ' et en attendant, je vais demander gentiment au rédac-chef de Voiles-News s'il autorise un complément d'article. Sinon, vous pouvez aussi m'envoyer un email à l'adresse seaplane 'arrow base' free.fr (remplacer 'arrow base' par '@')

07/01/2009 13:04 - Patvw a dit :

Le nirvana ??

Voici LA solution pour les amoureux de l'air et de l'eau ! Pour les pratiquants, anciens voileux, amoureux des hélices; une solution, un ensemble, un comble !!
Où peut-on découvrir ce bel aéroplane ?

07/01/2009 13:03 - seaplane a dit :

le livre en vente en ligne sur AMAZON

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