02/11/2012


Tara - Interview d'Etienne Bourgois

Le président de Tara Expéditions fait le point sur la riche actualité de Tara.

L'exposition Tara à Paris va bientôt débuter. Qu'allons-nous y découvrir ?

C'est une exposition de qualité où l'on passe de l'infiniment grand de la banquise, à l'infiniment petit du plancton. Plancton qui représente pourtant 98 % de la biomasse de l'Océan. C'est un retour sur les 9 ans de travail que nous avons mené avec Tara. La science et la place de l'Humain face à l'Océan sont au cœur de l'exposition.
Nous avons toujours eu pour ambition de faire comprendre aux enfants l'importance de la nature et de l'environnement. Souvent les jeunes parisiens et franciliens en sont loin ! Tout au long de ces trois mois, nous organiserons donc des conférences, des ateliers, des projections dans l'exposition. Nous accueillerons aussi 130 classes ou centres de loisir !
 

Le week-end le pont du bateau sera accessible au public et accueilli par l'équipage du bateau. Malheureusement pour des raisons de sécurité nous ne pourrons faire visiter l'intérieur du bateau.
Pour nous, c'est magique d'être à Paris, c'est un formidable catalyseur de rencontres. J'espère que nous rencontrerons le succès et le soutien du public comme cela a été le cas lors de nos dernières escales à travers le monde.
Je tiens à remercier chaleureusement les Voies Navigables de France, la Mairie de Paris, la Fondation EDF, nos partenaires éducatifs et notamment la Région Ile de France et les partenaires médias qui relaient l'évènement. Et bien sûr agnès b. Cette escale n'aurait pu se faire sans eux. 

Comment va le bateau ?

Il est en parfait état. Et même, en meilleur état qu'avant l'expédition Tara Oceans ! L'équipage a beaucoup travaillé pour cela à Lorient avec les entreprises locales. 

Vous éditez un livre avec Actes Sud, "Tara Oceans chroniques d'une expédition scientifique". Pouvez-nous en dire quelques mots ?

Un livre c'est souvent ce qu'il reste d'une expédition. Ce qui est intéressant, c'est que cela apporte un certain recul sur ce que nous avons fait. Nous ne sommes plus dans l'actualité. Nous avons eu le temps aussi de choisir les plus belles photos. C'est donc pour moi, un très bel objet écrit par le directeur scientifique de Tara Oceans, Eric Karsenti et le journaliste Dino Dimeo. 

Justement quelle est l'actualité de Tara Oceans. Quand est-ce que les scientifiques livreront leurs résultats ?

La mission de Tara Expéditions, c'est de sensibiliser le grand public aux questions environnementales et scientifiques, tout en apportant une logistique extrêmement précise aux scientifiques qui travaillent avec nous.
Le temps de la science n'est pas le même que celui de l'expédition. Il faut laisser le temps à nos amis scientifiques d'analyser tout ce que nous avons prélevé pendant la mission Tara Oceans. Cela prendra certainement plusieurs mois, plusieurs années mais je suis convaincu que les découvertes seront majeures. Nous continuerons avec eux à rendre compte. 

Tara Expéditions semble prendre un tournant assez politique ces derniers mois. Quelles sont vos ambitions pour les océans et vos moyens d'action ?

En effet, notre expertise a évolué au fur et à mesure de nos expéditions et nous sommes de plus en plus sollicités sur les sujets environnementaux.
Nous avons maintenant au sein de Tara Expéditions quelqu'un qui est spécialement dédié à ce volet, André Abreu.
Nous voulons faire bouger les choses avec d'autres ONG sur des problématiques communes : la gestion de la Haute Mer, le développement des aires marines protégées, etc. C'est d'avantage un engagement citoyen qu'un engagement politique. C'est à la société civile de prendre ces sujets à bras le corps.
La transition écologique, notamment énergétique, ne devrait pas être qu'une incantation. La France et l'Europe devraient être leaders dans ce domaine qui d'autant plus, peut être créateur d'emploi.
Pendant que le bateau est à Paris, nous allons d'ailleurs partager notre expérience, organiser des rencontres sur les enjeux des océans.
Et enfin, nous avons été très honorés par la venue à bord de Tara, en février dernier, du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon et par son allocution à Rio+20 pendant laquelle il a parlé de notre travail avec Tara Oceans. Je prends la mesure de la confiance qu'il nous a accordée. A mes yeux « Nations Unies » n'est pas un vain mot. 

Quels sont vos projets pour le bateau, à court et moyen terme ?

Malgré la crise nous avons décidé avec Agnès [Troublé, dite Agnès B.] de continuer à soutenir Tara dans le futur. Cela fait près de 10 ans que nous le faisons, nous ne nous inscrivons pas dans le court terme. Mais nous recherchons des partenaires toujours et encore !
C'est important aussi pour nous de profiter de ces moments où Tara n'est pas en expédition pour se poser, réfléchir à notre projet, même douter et mieux repartir.
Après Paris fin janvier nous ferons escale à Marseille, Monaco, Villefranche sur Mer et Bordeaux.
Puis entre mai et novembre 2013, Tara réalisera une circumnavigation de l'Arctique de 20.000 km, pendant six mois par les passages du Nord Est et du Nord Ouest dans un but scientifique et pédagogique. Si la glace le permet car les fenêtres de passage sont courtes... La plupart des scientifiques et instituts impliqués dans Tara Oceans accompagneront le projet pour étudier l'écosystème polaire marin et compléter le travail effectué depuis 2009. S'ajouteront de nouveaux programmes de recherche spécifiques à cette région, sur les particules de plastique ou sur les traces de polluants. Cette expédition aura également une visée politique en mettant sur le devant de la scène une région au cœur de la machine climatique mondiale et d'enjeux géopolitiques. 

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