16/01/2008


Vaïhéré - 11 janvier 2008 / 30e jour d'expédition

Trois hommes pour un nouveau départ au Sud

Après un passage du Drake moins tendre qu´à l´aller, Pierre et Xavier ont retrouvé la terre ferme à Ushuaïa, le temps de préparer le second voyage. Ils reprennent la mer aujourd´hui vers le Grand Sud. Avec un nouveau voilier et un troisième équipier : Siegfried, le vidéaste de l´expédition. 

Six jours ! Contrairement à l´aller où le tant redouté passage du Drake s´était montré très clément pour les navigateurs normands, le voyage retour a été plus mouvementé et plus long. Grâce à un téléphone portable spécial, l´iridium, l´expédition peut se connecter à internet en mer ou sur la péninsule et prendre ainsi connaissance des bulletins météo. Or, en ce dernier jour de 2007, pas de «fenêtre météo» comme disent les marins. Mieux vaut reporter le départ d´un jour afin d´éviter la dépression au moment de franchir le cap Horn. Le Vaïhéré est donc encore amarré à l´île Enterprise lorsque arrive minuit. Il est 4 h du matin en France, Pierre et Xavier trinquent à la nouvelle année. 

Mardi 1er janvier. Le Vaïhéré appareille en milieu de matinée pour entamer la remontée au nord. Les organismes se réhabituent lentement au roulis du bateau. Il faut reprendre les quarts de veille de trois heures, redoubler de vigilance. Devant la puissance de la mer, l´appréhension règne. L´équipage sait qu´il s´apprête à affronter de forts coups de vent dans les jours à venir. «Dans l´après-midi, nous croisons les îles Melchior et les derniers iceberg. Puis les côtes s´éloignent et disparaissent. Ne reste que la mer alors que commence la première nuit dans le passage de Drake». 

Quatre jours et trois nuits dans le Drake 

«Mercredi 2 janvier. Les conditions de mer sont bonnes, le Vaïhéré continue sa progression vers le Nord». 

«Jeudi 3 janvier. La course se poursuit, mais contre le vent afin de faire le maximum de route vers l´Ouest avant que le vent ne se renforce.» 

«Vendredi 4 janvier : grande belle houle, apparition du soleil et réapparition de la chaleur de ses rayons ». Dans l´hémisphère sud, c´est l´été, mais en Antarctique il fait aussi froid qu'en Basse-Normandie l'hiver. La météo change vite. En une seule journée se succèdent le soleil, la pluie, la neige et le vent. 

Le voilier atteint le plateau continental sud-américain dans l´après-midi. Les fonds remontent ce qui a pour conséquence de modifier en surface la formation de la mer. «Le voilier est plus secoué, les vagues peuvent venir de plusieurs directions, le pont est rincé à grandes eaux, et nous par la même occasion !». Dans la soirée, le vent attendu se lève alors que le Vaïhéré passe le cap Horn. «Il nous accueille sous le vent, majestueux par sa masse ténébreuse. Fascinant...» Mais la nuit tombe vite sous un ciel lourd de nuages. Nuit noire. Il faut remonter, toujours plus au Nord dans le canal de Beagle. 

Retour à Ushuaïa 

«Samedi 5 janvier. Au petit jour, le canal de Beagle nous accueille avec un fort vent de face. Nous passons à la hauteur de Puerto Toro et apprenons par radio que le port de Puerto Williams est fermé ! Ce qui signifie que nous pouvons nous y amarrer mais qu´aucune autorisation de sortie ne nous sera accordée par les militaires jusqu´à nouvel ordre. En milieu de matinée, nous accostons au Micalvi, le bateau-ponton de Puerto Williams. Il nous faut remplir les formalités de douane, non pas pour entrer au Chili, mais pour en sortir ! En effet, nous revenons de la péninsule antarctique que les Chiliens revendiquent comme territoire national...» 

Dimanche 6 janvier. Le vent est tombé dans la nuit et le port est de nouveau ouvert. Le Vaïhéré peut regagner Ushuaïa, en territoire argentin. A leur arrivée, Siegfried les attend sur le ponton. Il est le troisième homme de l´expédition et c´est lui qui filmera la seconde partie du voyage antarctique qu´il faut dès à présent préparer. La première expédition a permis de repérer les sites et leur accessibilité, de mesurer la densité de la glace, de tester l´équipement, le matériel photo... et les hommes ! Le bilan est très bon pour cette première étape. 

Mais pas le temps de souffler pour autant. Les trois hommes ne disposent que de quelques jours pour préparer le nouveau départ à bord d´Okolé, un voilier plus petit que le Vaïhéré. «Il faut rincer, nettoyer, conditionner, ranger le matériel et faire un avitaillement pour deux mois d´autonomie.» Le 11 janvier, l´expédition prend de nouveau la route du Sud. Le grand voyage commence, celui qui durera sept semaines... 

Donnez une note :

Votre commentaire
Tous les commentaires sont modérés avant publication, afin de garder toute objectivité, les publicités cachées ou contre publicités sont interdites, et leurs auteurs seront black-listés.

Voir toutes les news

Follow us on socials networks

facebook twitter dailymotion google

Abonnez-vous aux flux RSS

Suivez l’actualité de tous nos magazines en vous abonnant à notre flux RSS ou en vous inscrivant à notre newsletter que vous recevrez par email.

S'abonner à un flux RSS

S'abonner à une newsletter