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NEWS ET ARTICLES |
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| Alain Giese et le voilier océanographique Tara sont depuis vendredi amarré dans une marina près de Mascate, capitale du Sultanat d'Oman. Le voyage depuis Abu Dhabi, marqué par une navigation plutôt musclée, notamment au large du détroit d'Ormuz, a aussi donné lieu à la reprise des prélèvements scientifiques et du travail des chercheurs embarqués à l'étape.
Alain a ainsi pu assister à trois reprises à l'envoi à 300 et 2.000 mètres de fonds de "la rosette", cet instrument de prélèvement extrêmement sophistiqué plus connu sous le nom de CTD (pour instrument de mesure Conductivity-Temperature-Depth, ou Conductivité-Température-Profondeur). Des opérations que l'état de la mer et surtout, l'important trafic de navires pétroliers qui entrent et sortent du golfe arabo-persique ont rendu délicates. Très sollicité lors des manoeuvres de réduction de voilure sur cette grande goélette, Alain Giese n'était pas fâché d'arriver en début de week end dernier dans l'étonnant port de Mascate. "C'est un peu une ville sortie de contes orientaux" raconte-t'il. Une ville tout en contraste, où l'on sent encore les anciennes présences des Portugais qui l'ont développé au 15ème siècle. Zanzibar, la route des épices... autant d'images qui excitent ma curiosité et l'imaginaire..." Peu de temps pour la rêverie pourtant, car une nouvelle équipe de chercheurs est montée à bord et Alain veille, sous la direction de Hervé, son capitaine, a maintenir ordre, discipline et surtout fonctionnalité en toutes circonstances de la goélette. "Tous ces ingénieurs, scientifiques sont très agréables et accessibles" poursuit Alain. "On se lie d'amitié, et j'ai l'impression d'apprendre énormément à leur contact. Je récite toute la gamme de tous les métiers que j'ai pratiqués dans ma carrière de marin, de la soudure... à la salade de fruit.Tara mène une vraie mission d'observation et de référencement d'informations sur la diversité des éco systèmes. Chacun à bord prend son travail très à coeur et je suis heureux, à mon très modeste niveau, de contribuer à un travail qui doit permettre de mieux préserver cette mer et ces océans sur lesquels j'ai passé le plus clair de mon existence..."
Tara devrait d'ici peu appareiller de nouveau direction les Indes et Bombay ; La chaleur, étouffante à bord d'un voilier tout alu conçu pour les latitudes arctiques, va continuer d'harrasser les hommes. "Vivement le large et un peu d'air car avec 15 personnes à bord, la vie à l'intérieur du voilier est parfois étouffante..."
La rosette
Tara est une plate-forme scientifique dans le cadre du programme de recherche européen « Damoclès ». La CTD (conductivity, temperature, depth) est un des instruments majeurs à bord de Tara. Elle fait une photographie de la colonne d’eau juste en dessous du bateau à un moment donné. Dans le détail, on enregistre la température de l’eau et sa salinité en fonction de la profondeur.
> Qu’apportent les « data », les informations collectées en un mois et demi ?
> Vincent Hilaire : " Dans ces parages, la CTD enregistre exactement par exemple, quelle est l’épaisseur des couches d’eau.
Actuellement, la couche de surface va de 0 à - 40 mètres, elle a une température de -1,8 °C. C’est une eau relativement douce.
Entre – 200 et – 400 mètres, une deuxième couche très caractéristique : on l’appelle la couche « atlantique ». Beaucoup plus salée, et surtout avec des températures positives, + 1,5 °C.
Enfin, entre 400 mètres et le fond, une couche d’eau profonde avec une salinité équivalente et des températures de nouveau négatives : - 0,6 °C. Cette structure est typique de l’océan arctique. Les variations brutales de ces données marquent des limites, des frontières sous marines que les scientifiques appellent thermocline pour la température, et halocline pour la salinité.
Tout l’intérêt de la CTD est de vérifier la composition de cette structure qui varie suivant plusieurs paramètres. Le lieu du prélèvement d’abord, et l’évolution des régimes climatiques ensuite.
On vérifie par exemple grâce à la CTD, que la couche atlantique s’épaissit au fur et à mesure qu’on s’approche de cet océan. " |
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