28/10/2010


Comité National des Pêches, CNPMEM - Anchois : la pêche est de nouveau ouverte

La campagne de pêche de l'anchois, qui s'est ouverte de nouveau en 2010 après cinq ans de fermeture, a donné de bons résultats en terme de capture, selon le Comité National des Pêches.

Une collaboration exemplaire entre pêcheurs et scientifiques a permis une meilleure gestion de l'espèce. 

Ces cinq ans de fermeture ont pesé lourd. De Saint-Gilles-Croix-de-Vie à La Turballe, une trentaine de chalutiers pélagiques ont été contraints de suivre un plan de sortie de pêche. Il en reste aujourd'hui vingt-quatre qui ont participé, depuis le 1er juin, à la nouvelle campagne de pêche à l'anchois, autorisée par l'accroissement de la biomasse. « Nous avons capté des signaux annonciateurs à l'automne 2009 qui se sont confirmés au printemps 2010, commente Jean-Marie Robert, chargé de mission Pôle Pêche au Comité national. Nous sommes revenus à la normale. » Pour autant, le quota autorisé par Bruxelles était de 15.600 tonnes (dont 80 % pour les pêcheurs Espagnols et 20 % pour les Français), alors que dans les années quatre-vingt, les prises s'établissaient à 32.000 tonnes. 

Une campagne sentinelle 

Doté d'une vie courte, quatre ans maximum, l'anchois est une espèce fragile, sensible à des facteurs environnementaux comme la température de l'eau, le débit des fleuves, la vitesse des courants… « Il existe de nombreux stades entre la ponte et l'âge adulte, avec des facteurs de mortalité encore peu connus, explique Jacques Massé, chercheur à l'Ifremer. Ainsi, une biomasse d'un niveau important peut aboutir à un faible recrutement… ou inversement. » Jusqu'ici, une seule évaluation, réalisée au printemps, fournissait les indications aux autorités chargées du dossier. Depuis 2009, une campagne « sentinelle », associant pêcheurs et scientifiques, a permis de réaliser plusieurs enquêtes approfondies, avec exploration de zones non fréquentées par les pêcheurs et prélèvements d'espèces. Une collaboration exemplaire pour aboutir à l'établissement de données objectives, seule chance de survie à long terme de la pêche de l'anchois. « Nous savons désormais comment les poissons se déplacent », note Ludovic Le Roux, pêcheur à la Turballe, président du Comité Anchois-Sardine. 

Améliorer la visibilité pour l'avenir 

Au vu des données actuelles sur la biomasse, la pêche de l'anchois pour 2011 devrait être reconduite. Mais si la campagne 2010 a été bonne en termes de prises, l'écoulement des stocks a été plus difficile. Les Espagnols absorbaient 90 % de la production dans leurs conserveries et durant la fermeture européenne ils se sont tournés vers d'autres fournisseurs, notamment le Maroc. L'anchois s'est ainsi vendu à un prix très bas cette année, inférieur de moitié à son niveau antérieur. Autre ombre au tableau, faute de financement, la campagne « sentinelle » s'est interrompue alors que la moitié des prélèvements sont en attente d'analyse. Les pêcheurs français, qui réclament plus de visibilité dans la gestion de la pêche de l'anchois, demandent sa pérennisation. 

Donnez une note :

Votre commentaire
Tous les commentaires sont modérés avant publication, afin de garder toute objectivité, les publicités cachées ou contre publicités sont interdites, et leurs auteurs seront black-listés.

Voir toutes les news

Follow us on socials networks

facebook twitter dailymotion google

Abonnez-vous aux flux RSS

Suivez l’actualité de tous nos magazines en vous abonnant à notre flux RSS ou en vous inscrivant à notre newsletter que vous recevrez par email.

S'abonner à un flux RSS

S'abonner à une newsletter